Uploaded December 2023 | Updated September 2026, 5 days ago
"The Ship", exposition de Brian Eno présentée à Genève en 2016, était davantage sonore que visuelle. Une exposition presque d’ambient, ce qui n’est pas une gageure pour l’ex de Roxy Music et producteur culte de Bowie, qui s’est toujours intéressé à l’art conceptuel. Il en est question ici, où tout est mis en place pour privilégier l’atmosphère.
L’installation: des radiocassettes, enceintes et autres amplis Fender qui s’exhibent fièrement au premier étage de l’espace Le Commun du Bâtiment d’art contemporain (BAC); ils ont la meilleure –et même la seule– place de cette exposition tout entière dédiée à la célébration du son.
Pas d’explications, peut-être parce qu’il n’y a rien à comprendre, qu’à s’immerger et se laisser guider par la musique. Avancer en direction des baffles, s’asseoir dans l’un des trois canapés rouges qui sont autant d’invites à se poser. Repartir, puis s’arrêter entre deux piliers blancs peints à la chaux. Et laisser son sens (l’ouïe) en éveil. Aux sons gutturaux de tribus africaines ou aux chants grégoriens, à droite, se mêlent des tintements qui semblent issus d’un xylophone, venus de derrière, tandis que sur la gauche provient un bruit qui pourrait faire penser à une radio. On s’y rend, stoppés net par un tourbillon de cordes surgies, elles, véritablement de nulle part…
Tout cela est très hypothétique, d’une subjectivité assumée même, car la musique (les sons?) change en permanence, rappelant par-là "77 Million Paintings", précédente exposition d’art aléatoire du même Eno. Quant à l’agencement des amplificateurs, en forme de croix, il contribue au sentiment mystique qui gagne le visiteur, rajoutant un côté oppressant, ou éblouissant c’est selon. Peut-être les deux à la fois.
Surtout, il faut bien penser à s’asseoir, car le positionnement des canapés est stratégiquement conçu pour optimiser l’écoute. Cela permet de s’immerger plus profondément encore dans le concept voulu par l’artiste, presque dans ses pensées. Car avec "The Ship", on se situe au-delà du son, dans quelque chose plus proche de l'effet Doppler, ce phénomène physique selon lequel la perception d'un même son diffère selon l'endroit d'où on l'entend, et sans images, ce qui rend l’exposition plus forte encore puisque chacun est obligé de se créer mentalement les siennes propres.
"The Ship", exposition de Brian Eno présentée à Genève en 2016, était davantage sonore que visuelle. Une exposition presque d’ambient, ce qui n’est pas une gageure pour l’ex de Roxy Music et producteur culte de Bowie, qui s’est toujours intéressé à l’art conceptuel. Il en est question ici, où tout est mis en place pour privilégier l’atmosphère.
L’installation: des radiocassettes, enceintes et autres amplis Fender qui s’exhibent fièrement au premier étage de l’espace Le Commun du Bâtiment d’art contemporain (BAC); ils ont la meilleure –et même la seule– place de cette exposition tout entière dédiée à la célébration du son.
Pas d’explications, peut-être parce qu’il n’y a rien à comprendre, qu’à s’immerger et se laisser guider par la musique. Avancer en direction des baffles, s’asseoir dans l’un des trois canapés rouges qui sont autant d’invites à se poser. Repartir, puis s’arrêter entre deux piliers blancs peints à la chaux. Et laisser son sens (l’ouïe) en éveil. Aux sons gutturaux de tribus africaines ou aux chants grégoriens, à droite, se mêlent des tintements qui semblent issus d’un xylophone, venus de derrière, tandis que sur la gauche provient un bruit qui pourrait faire penser à une radio. On s’y rend, stoppés net par un tourbillon de cordes surgies, elles, véritablement de nulle part…
Tout cela est très hypothétique, d’une subjectivité assumée même, car la musique (les sons?) change en permanence, rappelant par-là "77 Million Paintings", précédente exposition d’art aléatoire du même Eno. Quant à l’agencement des amplificateurs, en forme de croix, il contribue au sentiment mystique qui gagne le visiteur, rajoutant un côté oppressant, ou éblouissant c’est selon. Peut-être les deux à la fois.
Surtout, il faut bien penser à s’asseoir, car le positionnement des canapés est stratégiquement conçu pour optimiser l’écoute. Cela permet de s’immerger plus profondément encore dans le concept voulu par l’artiste, presque dans ses pensées. Car avec "The Ship", on se situe au-delà du son, dans quelque chose plus proche de l'effet Doppler, ce phénomène physique selon lequel la perception d'un même son diffère selon l'endroit d'où on l'entend, et sans images, ce qui rend l’exposition plus forte encore puisque chacun est obligé de se créer mentalement les siennes propres.





![Charlie Chaplin - Scène des engrenages (Les Temps modernes)
De musiques improvisées par des musiciens directement dans les salles de projection (donc sans contrôle sur le résultat), Chaplin va –le cinéma sonore aidant– faire progressivement le choix de musiques quasi toutes originales. Il recrée d’ailleurs la bande musicale de films déjà existants comme La Ruée vers l’or (1925). Le compositeur David Raskin, qui collabore avec lui sur Les Temps modernes, relate comment se déroulent les séances de travail: “Charlie était en général armé de quelques phrases musicales… Nous révisions d’abord la musique qui conduisait à la séquence en question puis nous continuions avec de nouvelles idées. D’abord, je les notais; ensuite nous passions et repassions les séquences, en discutant les scènes avec de la musique. Parfois nous utilisions sa mélodie, ou nous la modifiions, ou l’un de nous en inventait une autre. Je dois dire que je commençais toujours par lui donner la priorité; non seulement c’était son film, mais je partais du principe que puisqu’à l’évidence, j’étais l’arrangeur, l’idée musicale était sa prérogative. […] Charlie et moi travaillions main dans la main. Parfois les phrases initiales étaient déjà assez développées, et parfois elles consistaient seulement en quelques notes, que Charlie sifflait, ou chantonnait ou jouait au piano… Le travail se poursuivait dans la salle de projection où Charlie et moi continuions à développer les idées musicales pour les faire correspondre avec ce qui se passait à l’écran […]. Nous avons passé des heures, des jours et des mois à faire défiler des scènes et des bouts d’actions, et nous nous sommes merveilleusement amusés à peaufiner la musique jusqu’à ce qu’elle soit exactement comme nous la voulions”. Charlie Chaplin - Scène des engrenages (Les Temps modernes)](https://i.ytimg.com/vi/IPbzCnErwuA/mqdefault.jpg)




