Uploaded May 2023 | Updated September 2026, 5 days ago
Dans le court-métrage justement nommé “Charlot musicien” (The Vagabond, 1916), le personnage campé par Chaplin partage l’affiche avec son violon, son compagnon de route, omniprésent à l’écran, qu’il serre contre lui lorsqu’il dort. Il se sert du violon pour tenter de gagner sa vie dans un café (sans succès, si bien qu’il part avec le butin de la fanfare voisine) ou encore pour consoler et séduire une pauvre orpheline maltraitée. L’instrument est également utile dans la construction des effets comiques, par exemple lorsque Charlot fait passer son archet sur son visage, comme s’il se lissait la moustache, ou lorsqu’après avoir joué un morceau à l’orpheline devant sa modeste cabane, il salue et mime des entrées et sorties de scène à répétition.
Dans le court-métrage justement nommé “Charlot musicien” (The Vagabond, 1916), le personnage campé par Chaplin partage l’affiche avec son violon, son compagnon de route, omniprésent à l’écran, qu’il serre contre lui lorsqu’il dort. Il se sert du violon pour tenter de gagner sa vie dans un café (sans succès, si bien qu’il part avec le butin de la fanfare voisine) ou encore pour consoler et séduire une pauvre orpheline maltraitée. L’instrument est également utile dans la construction des effets comiques, par exemple lorsque Charlot fait passer son archet sur son visage, comme s’il se lissait la moustache, ou lorsqu’après avoir joué un morceau à l’orpheline devant sa modeste cabane, il salue et mime des entrées et sorties de scène à répétition.

![Charlie Chaplin - Scène des engrenages (Les Temps modernes)
De musiques improvisées par des musiciens directement dans les salles de projection (donc sans contrôle sur le résultat), Chaplin va –le cinéma sonore aidant– faire progressivement le choix de musiques quasi toutes originales. Il recrée d’ailleurs la bande musicale de films déjà existants comme La Ruée vers l’or (1925). Le compositeur David Raskin, qui collabore avec lui sur Les Temps modernes, relate comment se déroulent les séances de travail: “Charlie était en général armé de quelques phrases musicales… Nous révisions d’abord la musique qui conduisait à la séquence en question puis nous continuions avec de nouvelles idées. D’abord, je les notais; ensuite nous passions et repassions les séquences, en discutant les scènes avec de la musique. Parfois nous utilisions sa mélodie, ou nous la modifiions, ou l’un de nous en inventait une autre. Je dois dire que je commençais toujours par lui donner la priorité; non seulement c’était son film, mais je partais du principe que puisqu’à l’évidence, j’étais l’arrangeur, l’idée musicale était sa prérogative. […] Charlie et moi travaillions main dans la main. Parfois les phrases initiales étaient déjà assez développées, et parfois elles consistaient seulement en quelques notes, que Charlie sifflait, ou chantonnait ou jouait au piano… Le travail se poursuivait dans la salle de projection où Charlie et moi continuions à développer les idées musicales pour les faire correspondre avec ce qui se passait à l’écran […]. Nous avons passé des heures, des jours et des mois à faire défiler des scènes et des bouts d’actions, et nous nous sommes merveilleusement amusés à peaufiner la musique jusqu’à ce qu’elle soit exactement comme nous la voulions”. Charlie Chaplin - Scène des engrenages (Les Temps modernes)](https://i.ytimg.com/vi/IPbzCnErwuA/mqdefault.jpg)






![Paul & Linda McCartney - Uncle Albert / Admiral Halsey (1971)
L’oncle Albert travaillait avec mon père dans le négoce de coton. Papa était représentant de commerce, et l’oncle Albert occupait un poste un peu plus élevé. Ce qui est certain, c’est qu’il avait plus d’argent que nous, il habitait à Birkenhead, le quartier chic de Liverpool. […] Je suis presque certain que cette chanson exprime la nostalgie que je ressentais pour ma famille alors que j’habitais loin de Liverpool. Je ne voyais plus mes proches aussi souvent. J’y retournais certes pour le réveillon du Nouvel An mais, d’une manière générale, j’avais pris mes distances. La page était tournée. Mais de tous les Beatles, j’étais le seul à revenir de temps en temps. Les autres n’y retournaient presque jamais. Ici, j’imagine l’oncle Albert comme un personnage d’une saynète, et je me mets dans sa peau : je deviens un type huppé, arrogant : je ne suis plus le gamin de Liverpool que j’étais. Le changement d’accent suffit pour camper le personnage.
Extrait de Paul McCartney : paroles et souvenirs, de 1956 à aujourd’hui, traduit de l’anglais par Hélène Borraz, Raphaël Meltz, Louise Moaty et Morgane Saysana. Editions Buchet Chastel, 2023. Paul & Linda McCartney - Uncle Albert / Admiral Halsey (1971)](https://i.ytimg.com/vi/L9Ente3BSmM/mqdefault.jpg)

![The Beatles - When Im Sixty Four (1967 / animation)
Quand il s’agissait de « changer les plombs » (« mending a fuse »), on peut dire que j’avais le coup de main, je bricolais pas mal. À l’époque, dans les années 1950, la plupart des gens savaient réparer une prise ! Et les fusibles sautaient tout le temps. À 16 ans et des poussières, j’avais déjà à l’oreille une version aboutie de « When I’m Sixty-Four », de la mélodie du moins. C’était un de mes petits airs festifs, et à un moment où on était en quête de morceaux pour les Beatles, je me suis dit qu’y ajouter des paroles ne serait peut-être pas une mauvaise idée. La mélodie en elle-même a une légère touche music-hall. Ensuite, l’idée m’est venue que « soixante-quatre » (« sixty-four ») serait plus drôle que « soixante-cinq ».
[…] Un jour, j’ai rencontré une dame qui jouait du piano dans les maisons de retraite. Elle m’a fait un aveu : « Monsieur McCartney, j’espère que vous n’y verrez pas d’inconvénient : j’ai été contrainte de remplacer When I’m sixty-four par When I’m eighty-four, et parfois même When I’m ninety-four, pour m’adapter à mon public. » Aux yeux de ces personnes du troisième âge, soixante-quatre ans, ça paraît encore jeune. J’ai écrit cette chanson quand j’en avais vingt-quatre. Pour moi, à l’époque, un sexagénaire était un fossile. Aujourd’hui, j’ai l’impression qu’à cet âge-là, on est encore frais comme un gardon.
Extrait de Paul McCartney : paroles et souvenirs, de 1956 à aujourd’hui, traduit de l’anglais par Hélène Borraz, Raphaël Meltz, Louise Moaty et Morgane Saysana. Editions Buchet Chastel, 2023. The Beatles - When Im Sixty Four (1967 / animation)](https://i.ytimg.com/vi/LqijuolJwjU/mqdefault.jpg)