Uploaded October 2025 | Updated September 2026, 3 days ago
Voilà comment ça s'est passé. J'étais déjà amoureux de Nancy, mais nous n'étions pas encore en couple. On était partis en vacances au Maroc, dans un petit hôtel tranquille que je connaissais, mais en tout bien tout honneur, on ne dormait pas ensemble.
[...] Un pianiste jouait au bar de l'hôtel : tous les soirs, on descendait boire un verre et on écoutait ce type qui interprétait des vieux standard. C'était un vieil Irlandais, un ancien militaire qui s'était retrouvé au Maroc pour je ne sais quelle raison - je préfère d'ailleurs ne pas savoir -, un mec super. C'était un excellent pianiste, il jouait comme mon père, le même genre de vieilles chansons : ça m'a rappelé mon enfance. On adorait l'écouter, on pouvait lui demander des morceaux ; ensuite, on allait dîner.
Le piano restait inutilisé toute la journée, jusqu'à l'heure de l'apéritif. Comme il n'arrêtait pas de pleuvoir, je descendais parfois pour pianoter quelques notes. Quelquefois, des serveurs préparaient les tables, mais sinon il n'y avait quasiment personne, c'était chouette. Ça ressemblait un peu au placard dans lequel j'ai toujours rêvé d'écrire mes chansons. Sans même m'en rendre compte, j'étais influencé par ce pianiste, et sans doute aussi par mon père, du coup, je jouais des accords un peu à l'ancienne. Et il se trouve que c'était la Saint-Valentin.
Comme souvent quand je commence à trouver un truc qui me plaît, je me suis dit : "Merde, comment vais-je m'en souvenir ?" J'ai foncé dans ma chambre et j'ai pris ma petite caméra vidéo Handycam : c'était avant l'iPhone, j'avais toujours une petite caméra avec moi. Je l'ai posée sur le piano et j'ai chanté ma chanson : ça me permettait d'en garder au moins une trace.
C'était un morceau très romantique. J'étais en train de tomber amoureux de Nancy. En jouant la chanson, je me suis aperçu que les serveurs m'écoutaient tout en dressant les tables. On se rend bien compte quand quelqu'un laisse traîner ses oreilles, même s'il fait semblant d'être plongé dans son travail. C'était beau, romantique, c'était un moment parfait, et je me suis dit : "Cette nuit, on ne va pas rester dans deux chambres séparées".
Extrait de "Paul McCartney : paroles et souvenirs, de 1956 à aujourd’hui", traduit de l’anglais par Hélène Borraz, Raphaël Meltz, Louise Moaty et Morgane Saysana. Editions Buchet Chastel, 2023.
Voilà comment ça s'est passé. J'étais déjà amoureux de Nancy, mais nous n'étions pas encore en couple. On était partis en vacances au Maroc, dans un petit hôtel tranquille que je connaissais, mais en tout bien tout honneur, on ne dormait pas ensemble.
[...] Un pianiste jouait au bar de l'hôtel : tous les soirs, on descendait boire un verre et on écoutait ce type qui interprétait des vieux standard. C'était un vieil Irlandais, un ancien militaire qui s'était retrouvé au Maroc pour je ne sais quelle raison - je préfère d'ailleurs ne pas savoir -, un mec super. C'était un excellent pianiste, il jouait comme mon père, le même genre de vieilles chansons : ça m'a rappelé mon enfance. On adorait l'écouter, on pouvait lui demander des morceaux ; ensuite, on allait dîner.
Le piano restait inutilisé toute la journée, jusqu'à l'heure de l'apéritif. Comme il n'arrêtait pas de pleuvoir, je descendais parfois pour pianoter quelques notes. Quelquefois, des serveurs préparaient les tables, mais sinon il n'y avait quasiment personne, c'était chouette. Ça ressemblait un peu au placard dans lequel j'ai toujours rêvé d'écrire mes chansons. Sans même m'en rendre compte, j'étais influencé par ce pianiste, et sans doute aussi par mon père, du coup, je jouais des accords un peu à l'ancienne. Et il se trouve que c'était la Saint-Valentin.
Comme souvent quand je commence à trouver un truc qui me plaît, je me suis dit : "Merde, comment vais-je m'en souvenir ?" J'ai foncé dans ma chambre et j'ai pris ma petite caméra vidéo Handycam : c'était avant l'iPhone, j'avais toujours une petite caméra avec moi. Je l'ai posée sur le piano et j'ai chanté ma chanson : ça me permettait d'en garder au moins une trace.
C'était un morceau très romantique. J'étais en train de tomber amoureux de Nancy. En jouant la chanson, je me suis aperçu que les serveurs m'écoutaient tout en dressant les tables. On se rend bien compte quand quelqu'un laisse traîner ses oreilles, même s'il fait semblant d'être plongé dans son travail. C'était beau, romantique, c'était un moment parfait, et je me suis dit : "Cette nuit, on ne va pas rester dans deux chambres séparées".
Extrait de "Paul McCartney : paroles et souvenirs, de 1956 à aujourd’hui", traduit de l’anglais par Hélène Borraz, Raphaël Meltz, Louise Moaty et Morgane Saysana. Editions Buchet Chastel, 2023.






![Charlie Chaplin - There’s Always One You Can’t Forget (composition)
La musique est primordiale pour Chaplin, et elle a été vitale à une époque, comme il le raconte dans son autobiographie (Histoire de ma mie, 1964): “Depuis l’âge de seize ans, je m’exerçais [au violon] de quatre à six heures par jour. Chaque semaine, je prenais des leçons avec le chef d’orchestre du théâtre ou avec quelqu’un qu’il me recommandait. J’avais de grandes ambitions de devenir artiste de concert ou à défaut de cela, d’utiliser mes talents de violoniste dans un numéro de music-hall, mais à mesure que le temps passait, je me rendais compte que je ne pourrais jamais être excellent et je renonçai”. Charlie Chaplin - There’s Always One You Can’t Forget (composition)](https://i.ytimg.com/vi/ttg24_hUFiU/mqdefault.jpg)



