Uploaded June 2025 | Updated September 2026, 3 days ago
Il y a un côté documentaire dans « Penny Lane » même si le terme de docu-fiction serait peut-être plus approprié. Ce n'est pas très étonnant : quand j'allais chez John à Liverpool, je prenais le bus, et la correspondance se faisait au rond-point de Penny Lane, au croisement de Church Road et de Smithdown Road. Cet arrêt de bus avait une grande importance dans ma vie, comme dans celle de John : on s’y donnait souvent rendez-vous. C’était juste à côté de l’église St Barnabas, où j’avais été enfant de chœur. Cet endroit résonne donc pour moi de multiples façons. Il est toujours « dans mes oreilles et dans mes yeux » (« in my ears and in my eyes »).
Il y a un passage dans la chanson qui m’amuse encore, celui où « il y a un coiffeur qui expose les photos » (« a barber showing photographs ») : le salon de coiffure se transforme en galerie d’art ; avec une exposition en vitrine. On regarde les tirages dans la devanture, puis on entre en disant : « Je prendrai une Tony Curtis » ou « j’aimerais une coupe en brosse ». En écrivant la chanson, j’avais trouvé que « exposer les photos » (« showing photographs ») était une formule qui marchait bien. Je voulais juste dire qu’il y avait là un salon de coiffure, et que le coiffeur affichait des photos de coupe de cheveux dans sa vitrine – mais tel quel, cela aurait été trop banal.
Extrait de "Paul McCartney : paroles et souvenirs, de 1956 à aujourd’hui", traduit de l’anglais par Hélène Borraz, Raphaël Meltz, Louise Moaty et Morgane Saysana. Editions Buchet Chastel, 2023.
Il y a un côté documentaire dans « Penny Lane » même si le terme de docu-fiction serait peut-être plus approprié. Ce n'est pas très étonnant : quand j'allais chez John à Liverpool, je prenais le bus, et la correspondance se faisait au rond-point de Penny Lane, au croisement de Church Road et de Smithdown Road. Cet arrêt de bus avait une grande importance dans ma vie, comme dans celle de John : on s’y donnait souvent rendez-vous. C’était juste à côté de l’église St Barnabas, où j’avais été enfant de chœur. Cet endroit résonne donc pour moi de multiples façons. Il est toujours « dans mes oreilles et dans mes yeux » (« in my ears and in my eyes »).
Il y a un passage dans la chanson qui m’amuse encore, celui où « il y a un coiffeur qui expose les photos » (« a barber showing photographs ») : le salon de coiffure se transforme en galerie d’art ; avec une exposition en vitrine. On regarde les tirages dans la devanture, puis on entre en disant : « Je prendrai une Tony Curtis » ou « j’aimerais une coupe en brosse ». En écrivant la chanson, j’avais trouvé que « exposer les photos » (« showing photographs ») était une formule qui marchait bien. Je voulais juste dire qu’il y avait là un salon de coiffure, et que le coiffeur affichait des photos de coupe de cheveux dans sa vitrine – mais tel quel, cela aurait été trop banal.
Extrait de "Paul McCartney : paroles et souvenirs, de 1956 à aujourd’hui", traduit de l’anglais par Hélène Borraz, Raphaël Meltz, Louise Moaty et Morgane Saysana. Editions Buchet Chastel, 2023.


![Paul McCartney & Wings - Mrs Vandebilt (1973)
Imaginons quelquun qui participerait à un jeu télévisé. Sil devait trouver une série de noms de famille incarnant la grande fortune, il énumérerait Rockefeller, Getty, Vanderbilt. Il y a certains patronymes quon connaît, parce quils sont tout le temps cités dans les journaux : ceux des super riches.
[...] Le problème quand on commence à frayer avec des Mrs Vandebilt, cest quil y a des tas de règles de bonne conduite à respecter. Je me retrouve à devoir y inviter nombre de personnes que je naime pas à des cocktails. Je suis tout à fait du genre à aller aux cocktails de Mrs Vandebilt, mais juste une fois.
[...] Pour résumer, Mrs Vandebilt parle dune figure qui symbolise lautorité, le luxe, les règles et largent : tout ce dont le protagoniste de cette chanson ne veut pas entendre parler. Il souhaite quon le laisse seul. Et cest moi, vraiment tel que je suis. Je ne suis jamais plus heureux quà cheval, à randonner au milieu des bois. Dès que jen ai loccasion, jaime être dans la nature. Seul dans les bois.
Extrait de Paul McCartney : paroles et souvenirs, de 1956 à aujourd’hui, traduit de l’anglais par Hélène Borraz, Raphaël Meltz, Louise Moaty et Morgane Saysana. Editions Buchet Chastel, 2023. Paul McCartney & Wings - Mrs Vandebilt (1973)](https://i.ytimg.com/vi/iYpx2qY_D3s/mqdefault.jpg)





![Paul McCartney - Dear Friend (1971)
Je pense souvent à John. Je me dis que c’est dommage qu’on se soit disputés publiquement, qu’on se soit dit tant de choses désagréables. Au moment où j’ai écrit cette chanson, en 1971, il avait déclaré à Rolling Stone que mon album McCartney était « nul ». C’était vraiment compliqué entre nous à cette période. Ça me rendait très triste, ce passage à vide dans notre amitié. La chanson est sortie : « Dear friend, what’s the time? / Is this really the borderline? » (« Cher ami, quelle heure est-il ? / A-t-on atteint la limite ? ») Est-ce qu’on a rompu ? Est-ce que maintenant « you go your way, I’ll go mine » (tu suis ta route, et moi la mienne) ?
[...] J’ai essayé de lui répondre, avec cette chanson. De lui demander : « Est-ce que c’est la peine d’être aussi blessant ? J’aime beaucoup ce passage : « Are you afraid, or is it true? » (« As-tu peur, ou est-ce bien vrai ? »), qui veut dire : « Pourquoi est-ce que cette dispute n’en finit pas ? Est-ce que tu as peur de quelque chose ? Tu te sens angoissé par notre séparation ? Est-ce que ça t’inquiète que je fasse quelque chose sans toi ? Est-ce que tu as peur de ce qu’implique ta décision ? » Et la petite ponctuation rythmique, « or is it true? » : « Est-ce que c’est bien vrai, tout ce que tu dis de désagréable ? » Je vivais ces émotions-là quand j’ai écrit cette chanson. J’aurais pu l’intituler « Pourquoi tu fais chier, mec ? », mais je ne suis pas sûr que ça nous aurait aidés à nous en sortir.
[…] Je suis content de la façon dont notre relation a évolué par la suite, dans les dernières années : on a vécu plusieurs bons moments avant qu’il ne soit assassiné. Ç’aurait été la pire chose pour moi qu’il soit tué alors qu’on était encore mauvais termes. Sans le moindre doute. Je me serais dit : « Oh j’aurais dû, j’aurais dû, j’aurais dû... » Ça m’aurait mis dans un état de culpabilité pas croyable. Mais heureusement, la dernière fois qu’on s’est vus, ce fut très amical. On s’était mis à parler de la meilleure façon de faire du pain.
Extrait de Paul McCartney : paroles et souvenirs, de 1956 à aujourd’hui, traduit de l’anglais par Hélène Borraz, Raphaël Meltz, Louise Moaty et Morgane Saysana. Editions Buchet Chastel, 2023. Paul McCartney - Dear Friend (1971)](https://i.ytimg.com/vi/jruwqWTiUBU/mqdefault.jpg)

