Uploaded June 2025 | Updated September 2026, 3 days ago
J'ai écrit beaucoup de chansons, et certaines sortent du lot ; si je devais distinguer celles qui, selon moi, sont les meilleures depuis toutes ces années, « I Saw Her Standing There » en ferait probablement partie. Non, elle en ferait sans aucun doute partie. J’ai fait écouter cette chanson pour la première fois à John un jour où lui et moi fumions du thé avec la pipe de mon père. (Et quand je dis du thé, je veux vraiment dire du thé.) J'ai chanté : « She’s just seventeen. She’d never been a beauty queen » (« Elle n'avait que dix-sept ans. Elle n'avait jamais été une reine de beauté »). Et John a lâché : « Je ne sais pas trop... » Notre principale tâche a donc consisté à nous débarrasser de « beauty queen ». On a eu du mal, mais on y est arrivés.
Lorsque je la chante maintenant – et c'est vrai de toutes les chansons des Beatles que je chante, notamment celles des débuts –, je me rends compte que je suis en train de revisiter le travail d’un gamin de dix-huit, vingt ans. Et je trouve ça extrêmement intéressant parce qu'il y a là une naïveté – une sorte d'innocence que l’on ne peut pas inventer.
Extrait de "Paul McCartney : paroles et souvenirs, de 1956 à aujourd'hui", traduit de l'anglais par Hélène Borraz, Raphaël Meltz, Louise Moaty et Morgane Saysana. Editions Buchet Chastel, 2023.
J'ai écrit beaucoup de chansons, et certaines sortent du lot ; si je devais distinguer celles qui, selon moi, sont les meilleures depuis toutes ces années, « I Saw Her Standing There » en ferait probablement partie. Non, elle en ferait sans aucun doute partie. J’ai fait écouter cette chanson pour la première fois à John un jour où lui et moi fumions du thé avec la pipe de mon père. (Et quand je dis du thé, je veux vraiment dire du thé.) J'ai chanté : « She’s just seventeen. She’d never been a beauty queen » (« Elle n'avait que dix-sept ans. Elle n'avait jamais été une reine de beauté »). Et John a lâché : « Je ne sais pas trop... » Notre principale tâche a donc consisté à nous débarrasser de « beauty queen ». On a eu du mal, mais on y est arrivés.
Lorsque je la chante maintenant – et c'est vrai de toutes les chansons des Beatles que je chante, notamment celles des débuts –, je me rends compte que je suis en train de revisiter le travail d’un gamin de dix-huit, vingt ans. Et je trouve ça extrêmement intéressant parce qu'il y a là une naïveté – une sorte d'innocence que l’on ne peut pas inventer.
Extrait de "Paul McCartney : paroles et souvenirs, de 1956 à aujourd'hui", traduit de l'anglais par Hélène Borraz, Raphaël Meltz, Louise Moaty et Morgane Saysana. Editions Buchet Chastel, 2023.



![Paul McCartney - My Valentine (2012)
Voilà comment ça sest passé. Jétais déjà amoureux de Nancy, mais nous nétions pas encore en couple. On était partis en vacances au Maroc, dans un petit hôtel tranquille que je connaissais, mais en tout bien tout honneur, on ne dormait pas ensemble.
[...] Un pianiste jouait au bar de lhôtel : tous les soirs, on descendait boire un verre et on écoutait ce type qui interprétait des vieux standard. Cétait un vieil Irlandais, un ancien militaire qui sétait retrouvé au Maroc pour je ne sais quelle raison - je préfère dailleurs ne pas savoir -, un mec super. Cétait un excellent pianiste, il jouait comme mon père, le même genre de vieilles chansons : ça ma rappelé mon enfance. On adorait lécouter, on pouvait lui demander des morceaux ; ensuite, on allait dîner.
Le piano restait inutilisé toute la journée, jusquà lheure de lapéritif. Comme il narrêtait pas de pleuvoir, je descendais parfois pour pianoter quelques notes. Quelquefois, des serveurs préparaient les tables, mais sinon il ny avait quasiment personne, cétait chouette. Ça ressemblait un peu au placard dans lequel jai toujours rêvé décrire mes chansons. Sans même men rendre compte, jétais influencé par ce pianiste, et sans doute aussi par mon père, du coup, je jouais des accords un peu à lancienne. Et il se trouve que cétait la Saint-Valentin.
Comme souvent quand je commence à trouver un truc qui me plaît, je me suis dit : Merde, comment vais-je men souvenir ? Jai foncé dans ma chambre et jai pris ma petite caméra vidéo Handycam : cétait avant liPhone, javais toujours une petite caméra avec moi. Je lai posée sur le piano et jai chanté ma chanson : ça me permettait den garder au moins une trace.
Cétait un morceau très romantique. Jétais en train de tomber amoureux de Nancy. En jouant la chanson, je me suis aperçu que les serveurs mécoutaient tout en dressant les tables. On se rend bien compte quand quelquun laisse traîner ses oreilles, même sil fait semblant dêtre plongé dans son travail. Cétait beau, romantique, cétait un moment parfait, et je me suis dit : Cette nuit, on ne va pas rester dans deux chambres séparées.
Extrait de Paul McCartney : paroles et souvenirs, de 1956 à aujourd’hui, traduit de l’anglais par Hélène Borraz, Raphaël Meltz, Louise Moaty et Morgane Saysana. Editions Buchet Chastel, 2023. Paul McCartney - My Valentine (2012)](https://i.ytimg.com/vi/rZwCCdrhKHI/mqdefault.jpg)






![Charlie Chaplin - There’s Always One You Can’t Forget (composition)
La musique est primordiale pour Chaplin, et elle a été vitale à une époque, comme il le raconte dans son autobiographie (Histoire de ma mie, 1964): “Depuis l’âge de seize ans, je m’exerçais [au violon] de quatre à six heures par jour. Chaque semaine, je prenais des leçons avec le chef d’orchestre du théâtre ou avec quelqu’un qu’il me recommandait. J’avais de grandes ambitions de devenir artiste de concert ou à défaut de cela, d’utiliser mes talents de violoniste dans un numéro de music-hall, mais à mesure que le temps passait, je me rendais compte que je ne pourrais jamais être excellent et je renonçai”. Charlie Chaplin - There’s Always One You Can’t Forget (composition)](https://i.ytimg.com/vi/ttg24_hUFiU/mqdefault.jpg)