Uploaded June 2025 | Updated September 2026, 3 days ago
Parce que c’est l’imagination, le véritable moteur. À la télévision ou au cinéma, tout vous est montré : vous pouvez voir à quoi ressemble, par exemple, Henrietta Gibbs. À la radio, c’est vous qui créez votre propre Henrietta Gibbs. C’est ce qui était fabuleux avec Sgt. Pepper. Ils ont essayé de le porter à l’écran, mais ça n’a pas marché parce que tout le monde s’était déjà fait son propre film.
L’autre élément qui a eu une grande influence sur Sgt. Pepper, et qui est certainement très présent dans « A Day in the Life », c’est que j’écoutais à cette époque, et depuis déjà un certain temps, beaucoup de musique d’avant-garde, Stockhausen. Luciano Berio. John Cage – vous savez, le morceau silencieux de Cage, « 4’33" ». Comme toutes ces choses m’intriguaient, j’ai souhaité qu’il y ait, au milieu de « A Day in the Life », un passage instrumental qui sorte de l’ordinaire. Je suis donc allé voir George Martin, qui s’occupait des arrangements orchestraux. De la même manière que le chorégraphe Merce Cunningham disait : « Tirez-les d’un côté de la scène à l’autre avec une corde », j’avais donné comme instruction que chaque membre de l’orchestre commence par la note la plus grave de son instrument et atteigne la note la plus aiguë au bout de plusieurs mesures.
Le jour de la session d’enregistrement, George Martin a été obligé d’organiser les choses. Les musiciens de formation classique ont la réputation de ne pas trop apprécier l’improvisation, et cela m’a intrigué de voir l’orchestre se diviser en plusieurs camps. Les instruments à cordes se sont comportés comme des moutons : « Si tu montes, je monte. Je refuse de rester à la traîne. » En revanche, les trompettes et les autres instruments à vent n’avaient aucun mal à se lâcher, peut-être du fait qu’ils se sentent un peu relégués au second plan dans l’orchestre. Ils étaient à fond.
Extrait de "Paul McCartney : paroles et souvenirs, de 1956 à aujourd’hui", traduit de l’anglais par Hélène Borraz, Raphaël Meltz, Louise Moaty et Morgane Saysana. Editions Buchet Chastel, 2023.
Parce que c’est l’imagination, le véritable moteur. À la télévision ou au cinéma, tout vous est montré : vous pouvez voir à quoi ressemble, par exemple, Henrietta Gibbs. À la radio, c’est vous qui créez votre propre Henrietta Gibbs. C’est ce qui était fabuleux avec Sgt. Pepper. Ils ont essayé de le porter à l’écran, mais ça n’a pas marché parce que tout le monde s’était déjà fait son propre film.
L’autre élément qui a eu une grande influence sur Sgt. Pepper, et qui est certainement très présent dans « A Day in the Life », c’est que j’écoutais à cette époque, et depuis déjà un certain temps, beaucoup de musique d’avant-garde, Stockhausen. Luciano Berio. John Cage – vous savez, le morceau silencieux de Cage, « 4’33" ». Comme toutes ces choses m’intriguaient, j’ai souhaité qu’il y ait, au milieu de « A Day in the Life », un passage instrumental qui sorte de l’ordinaire. Je suis donc allé voir George Martin, qui s’occupait des arrangements orchestraux. De la même manière que le chorégraphe Merce Cunningham disait : « Tirez-les d’un côté de la scène à l’autre avec une corde », j’avais donné comme instruction que chaque membre de l’orchestre commence par la note la plus grave de son instrument et atteigne la note la plus aiguë au bout de plusieurs mesures.
Le jour de la session d’enregistrement, George Martin a été obligé d’organiser les choses. Les musiciens de formation classique ont la réputation de ne pas trop apprécier l’improvisation, et cela m’a intrigué de voir l’orchestre se diviser en plusieurs camps. Les instruments à cordes se sont comportés comme des moutons : « Si tu montes, je monte. Je refuse de rester à la traîne. » En revanche, les trompettes et les autres instruments à vent n’avaient aucun mal à se lâcher, peut-être du fait qu’ils se sentent un peu relégués au second plan dans l’orchestre. Ils étaient à fond.
Extrait de "Paul McCartney : paroles et souvenirs, de 1956 à aujourd’hui", traduit de l’anglais par Hélène Borraz, Raphaël Meltz, Louise Moaty et Morgane Saysana. Editions Buchet Chastel, 2023.










