Mayeul·e
#BFNC
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après noël, avant le nouvel an, je passais chez mes cousins bretons
ils ont un piano droit chez eux, qui sonne divinement bien
si bien que j'ai l'impression de jouer mieux que d'habitude
en tout cas c'est un plaisir obsédant
j'ai joué aussi longtemps que j'ai pu
improvisant pour les discussions de famille
et le tel enregistrant
et voilà trois morceaux, bruts et bout à bout
en espérant qu'il vous envoute aussi :)
˚. ✦.˳·˖✶ ⋆.✧˚.
before nye, after christmas, i visited cousins in bretagne
they have a divine sounding upright piano
so divine it felt like i was playing better than usual
at least it was an obsessive pleasure
i played as long as i could
improvising for family's talks
and my phone recording
and here it is, three raw recordings
hoping it captivates you too :)
🎧 casque conseillé
Travail sonore par Elsa Martinez (ytb: @Elsa.Martinez / insta: @ivresse_de_pacotille)
En novembre 2020, plutôt que d'enterrer ma mère Christèle selon une norme chrétienne qui ne lui aurait peut-être pas convenue, mes adelphes et moi avons choisi d'établir une sorte de stèle végétale avec les fleurs des funérailles, dans un endroit de nature perdu que nous partagions avec elle. Nous y avons disposé quelques objets qu'elle avait glané chez elle. Un vase vert, un plateau-miroir sur lequel elle avait composé un diorama en mousse et une figurine grenouille.
Si un·e défunt·e est peut être la chose la moins palpable - in situ, in tempore - à laquelle on puisse penser, les souvenirs, même brumeux, les objets et les lieux qui nous permettent de les laisser vivre encore quelques temps, le sont tout à fait. Ainsi, lorsque je suis retourné·e sur place il y a quelques mois de cela, j'ai pris une vidéo d'après laquelle j'ai pu modéliser en trois dimensions ce mémoriel que nous avions perdu dans la nature, et que le temps efface transforme. Accompagnée par le travail sonore d'Elsa Martinez, cette vidéo en boucle sans début ni fin propose de visualiser l'invisible. Entre souvenirs contenus dans quelques circuits électriques de notre cerveau et fantôme perdu dans le cosmos.
🎧 casque conseillé
Le bateau de mon père est un étrange héritage. Je suis passé le voir cet été. Mon frère Odilon a bossé dessus un peu, il voulait le reprendre et naviguer avec à la base. Je l'ai aidé quelques jours. Avant de partir, j'ai pris une vidéo très simple. J'en ai fait ce modèle 3D avec Luma AI Pendant le process, j'ai remarqué comment des ambiances sonores comme celles que m'avait partagé Elsa Martinez donnaient à ce modèle silencieux une tout autre vie. Alors j'ai demandé à mon frère d'enregistrer de quoi faire vivre le modèle, quelques minutes de tous ces petits bruits qu'il faisait en se baladant dans le bateau. Spontanément, il m'a aussi envoyé des chants dans une église qu'il a croisé dans ses périples, de ceux qu'il fait pour avancer. Puis les battements lent de son cœur avant de s'endormir (d'où le casque).
Ces vidéos et ces sons que j'ai monté là font partie des derniers moments de vie que mes adelphes et moi pouvons partager avec ce résidu matériel si proche du quotidien que menait notre père, où il mettait l'essentiel de son énergie. Nous avons décidé de le vendre. Vendre un souvenir. Même s'ils ont l'air d'une brume intouchable, les souvenirs aussi ont leur matérialité.
// Réponse au concours de l'@espaceecureuil :
Rien ne s'arrête jamais vraiment, la pesanteur tire les choses à la lenteur.
Rien n'est jamais vraiment piégé, l'exil est intérieur.
Toujours hors de moi.
Dans la saturation complexe et bouillante,
où rien n'est jamais vraiment noir.
Ce bon cauchemar, on y resterait,
Et puis c'est quoi le beau, on le voit seulement ?
// Pérégrinations textuelles :
La dystopie de la mer perd les lignes. Elles débattent dans la houle. Sous la pluie matricielle les couleurs se font timides. Elles courent à l'obscurité sans jamais l'atteindre. Les échos sonnent. Détonnent les narrations perdues ou retrouvées. A qui la faute ? Je n'ai rien fait, pas même de faute.
Quelques vidéos capturées pendant la semaine des obsèques de mon père (la mer et des grues, globalement). Assemblées ensemble hasardeusement, superposées à outrance. Des actions numériques répétées, toutes les mêmes, qui finissent par révéler l’organicité inhérente aux images. J’ai l’impression de n’avoir rien créé.
// Aussi perdu que je puisse être dans ces voyages plastiques, je retombe toujours sur les pattes des autres. Inspirations accidentelles et heureuses : @ra.phael5739 @carlitotoroo @spell.your.feels
06/06/2022
Insta : @mayeul_e
Je créé sur des choses qui m'obsèdent. Les formes prennent sens dans les cours de @sophiesolnychkine, les idées émergent aux côtés de @ra.phael5739. En fait, je ne créé rien. Présenter suffit.
Enfant, je collais aux jambes de ma mère, sinon à la porte du salon, lorsqu'elle chantait au piano. On lui disait qu'elle avait la même voix que Barbara. Quelques tons plus grave, je dirais. Mais la même, je confirme.
Enfant, je ne connaissais rien d'autre de mon père que sa passion pour le bateau. Il était marin, ma mère avait la vertu.
Ce cou lancé à l'infini de la terre. Ces clavicules dansantes. Cette mélancolie dans le sourire, et pourtant rassurant. Le souffle de ses joues. Son museau qui inspire. Le noir de ses yeux que l'eyeliner prolonge à l'infini du ciel.
Ce visage, j'aimerai que ce soit le miens.
Alors, c'est le portrait de qui ?
27/05/2022
source : youtu.be/nUE80DTNxK4
Insta : @mayeul_e


